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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 14:48

L’Afrique est un continent secoué par de nombreuses catastrophes, famines et guerres. Le Mali, le Nigéria, la Côte d’Ivoire l’année dernière, le Burkina Faso, la République Démocratique du Congo (RDC), etc., ont connu ou connaissent encore des émeutes, des rep-centrafricaine.jpgmassacres, des bouleversements géopolitiques ainsi que des attaques et des enlèvements terroristes.

La République Centrafricaine ou Centrafrique est un des pays qui connaît aujourd’hui une déstabilisation politique importante. La République Centrafricaine, avec 5 millions d’habitants, est un pays de l’Afrique centrale, aux paysages de savane et de forêt équatoriale, et dont la capitale est Bangui. La langue officielle est le français et la langue nationale le sango. Bien qu’ayant des ressources naturelles importantes, or, diamants, la République Centrafricaine reste un pays pauvre.

La République Centrafricaine ou Centrafrique a été une colonie française à partir de 1903 et ce jusqu’en 1960, année de son indépendance. Le Président élu à l’époque, David Dacko, s’octroya tous les pouvoirs (on pense à Morsi en Egypte...) et devint le dictateur de la République Centrafricaine. Il fut renversé en 1966 par un de ses cousins, le célèbre et terrible Bokassa qui s’intronisa Empereur en 1977 et poursuivit un règne de terreur et de massacres. En 1981, Bokassa fut destitué et David Dacko revint au pouvoir, permettant la restauration du multipartisme et des libertés démocratiques. En 1982, un Général prit le pouvoir et interdit tous les partis politiques d’opposition. Il faudra attendre 1993 pour qu’un Président soit de nouveau démocratiquement élu : Ange Félix Patassé. Mais les luttes de pouvoir entre les différents clans ethniques, les problèmes des salaires des fonctionnaires et des soldes de l’armée provoqueront des émeutes. La France, qui a gardé des intérêts et deux de ses principales bases militaires en Centrafrique, intervient alors pour soutenir le régime en place.

En 1999, le Président Patassé est réélu Président de la République Centrafricaine. Mais en 2001, un putsch tente de le renverser, en vain. A partir des années 2000, la République Centrafricaine connaît une forte crise économique et des violations répétées de son intégrité territoriale par des bandes armées venues des pays limitrophes comme le Tchad ou la RDC. C’est en 2003 que François Bozizé profite de l’absence du Président Patassé pour s’emparer de Bangui et s’autoproclamer Président de la Centrafrique.  Comme il l’avait promis, bozize.jpgBozizé rétablit la démocratie en 2005. François Bozizé a été un homme du régime de Bokassa avant d’être un homme fort pro-Patassé.

François Bozizé Yangouvanda, né en 1946 au Gabon, fait carrière dans l’armée centrafricaine. François Bozizé monte les échelons, devient Ministre de la Défense puis de la Communication à la fin du règne de Bokassa. Lorsqu’un putsch militaire a lieu en 1981, François Bozizé s’exile en France, après avoir été capturé et torturé au Bénin. En 1993, Bozizé se présente à l’élection présidentielle qui sera remportée par Ange-Félix Patassé. Celui-ci nomme Bozizé Chef des Forces Armées. Après un putsch raté en 2001, Bozizé réitère son action en 2003 avec succès et devient Président du pays la même année. En 2011, lors d’élections démocratiques, François Bozizé est élu Président de la République Centrafricaine.

seleka.jpgAujourd’hui, le régime de Bozizé est menacé par une opposition menée par un groupe de rebelles appelé « Séléka », c’est-à-dire « alliance ou coalistion» en sango. Séléka est à une centaine de kilomètres de Bangui, la capitale de la Centrafrique, afin de pousser le Président Bozizé à dialoguer avec les différents mouvement d'opposition et à prendre en considération leurs revendications. Séléka, créé en 2006, est un mouvement composé de différentes factions musulmanes. Différents objectifs animent la rébellion : exiger l’application du Traité de Libreville en 2007 (réinsérer les anciens belligérants dans l’armée régulière), mais surtout renverser le Président Bozizé.

François Bozizé a fait appel au Tchad, aux Etats-Unis et à la France pour l’aider à se défendre contre la rébellion, d’autant que les FACAs, les Forces Armées Centrafricaines, se sont pour l’instant repliées. La France, par la voix du Président Hollande, a déclaré qu’elle procèderait seulement à la défense de ses ressortissants et de ses intérêts. Cette prise de position a provoqué la colère des Centrafricains qui se sont bangui.jpgmassés devant l’Ambassade de France à Bangui pour crier leur indignation.

Actuellement, 250 soldats français sont basés à Bangui et plusieurs centaines de soldats de la force multinationale d’Afrique centrale (FOMAC) sont également sur place et devraient être rejoints par de nouvelles unités, tandis que des unités tchadiennes, destinées à protéger le régime en place, se trouvent déjà aux abords de la capitale.

Marie-Laure Tena – 28 décembre 2012

 

Sources : LaCroix.fr – Afrik.com – Diplomatie.gouv.fr – Linfodrome.com – atangana-eteme-eteran.com – election-politique.com – metrofrance.com