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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 17:11

Le livre

Black Buddha, 96 pages, est paru en avril 2014 aux Editions Gunten. Black Buddha est un roman relatant les aventures et les rencontres de l’auteur en Asie du sud-est, lors de son dernier séjour d’une durée de deux ans.

L’auteur

Stéphane Boudy, diplômé de la Sorbonne, est écrivain, professeur de philosophie et fondateur du mouvement politique « Parti pour la Culture ». Il est également co-directeur du théâtre Marguerite Duras (TMD) à Bordeaux. Stéphane Boudy s’est investi dans la collecte des souvenirs des résistants de la Seconde guerre mondiale après s’être immergé dans la mémoire des anciens d’Indochine. Stéphane Boudy est fasciné par l’Asie du sud-est et a plusieurs fois parcouru cette région du monde.

Le contenu

Black Buddha est constitué de deux parties : l’une, à la première personne du singulier, nous fait découvrir les péripéties du narrateur au fil des neuf chapitres, tandis que l'épilogue, au style plus direct, nous donne à réfléchir sur la réalité économique des populations locales, en particulier sur le statut des enfants.

Le narrateur part en Asie du sud-est en empruntant le transsibérien de Moscou à Pékin, occasion de rencontres cosmopolites émouvantes ou cocasses, dans un environnement ferroviaire qu’il faut savoir maîtriser. Sa compagne, comédienne spécialiste de Marguerite Duras, se rend directement au Cambodge pour des représentations théâtrales. Le narrateur, Stéphane Boudy, la rejoint puis se rend en Malaisie, en Indonésie, au Vietnam, utilisant différents moyens de locomotion. Evoquant les décors verdoyants et les anecdotes pittoresques, il raconte ses rencontres avec les autres expatriés, qui fuyant l’Europe, qui désirant construire des projets sur des chimères insaisissables. Black Buddha décortique aisément les tours et détours des arnaqueurs locaux à l’affût des pigeons occidentaux. Le narrateur cherche une activité, un emploi mais tâtonne d’idées en idées plus ou moins originales. Son séjour dure deux ans avant son retour en France.

Mon avis

Instinctivement, Black Buddha m’a fait penser, sans vouloir faire de comparaison, au film « L’odeur de la papaye verte » mais aussi à « Indigo »,  roman de Catherine Cusset, en particulier sur la description des Occidentaux projetés sans repères avérés dans des cultures lointaines et qui, pourtant, paraissent, vues de chez nous, si accessibles. On retrouve les mêmes profils désabusés ou naïfs sous le regard inquiet ou goguenard des locaux.

Dès la première page de Black Buddha, tous les éléments sont là, mots exotiques et magiques, les pays d’Asie, le transsibérien, les descriptions visuelles fortes, tout offre un dépaysement total. Stéphane Boudy expose en 96 pages un panorama ciselé d’un voyage qui dure pourtant deux ans. Rien n’échappe à son regard, les paysages, les coutumes locales, l’économie et la politique, les astuces pour voyageurs débutants. Ses analyses ont une distance qui n’est que le moyen d’éviter de porter en lui les tristes destins des enfants qu’il croise. Le style de Stéphane Boudy se compose d’observation, d’humour parfois caustique, pour finir sur une touche économique et réaliste. C’est un roman sensoriel, un reportage subjectif qui sollicite l’imagination ou les souvenirs des lecteurs.

Cela a été un très agréable moment, une bouffée d’air frais et lointain. A lire, à relire (je l’ai lu goulument…), à offrir.

Marie-Laure Tena – 3 août  2014

Sources : parolesderesistants.com – sudouest.fr - Twitter